05.04.2009
Dexter
Finis les deux premiers tomes, « Darkly dreaming Dexter » et « Dearly devoted Dexter ». Le troisième est en commande ;-) Et oui, avant d’être une le héros d’une série, Dexter est un personnage de roman ! Romans qui valent surtout pour la forme, très drôle mais vous seriez surpris de ce sur quoi l’auteur arrive à vous faire rire…
Dexter est un psychopathe heureux, qui exerce la profession honorable de spécialiste en projections de sang dans un laboratoire de médecine légale, et dont le hobby secret est le meurtre en série. Mais il ne tue que des salopards sérial killers, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu’au jour où quelqu’un d’autre commence à découper les gens comme lui. Quiconque ayant lu pas de mal de polars verra arriver le fin de mot de l’histoire avec un gyrophare depuis le premier tiers du roman mais ce n’est pas si grave, car comme je l’ai dit plus haut, le meilleur ici c’est la forme. L’humour complètement décalé, le héros hallucinant et son goût discutable pour les chemises hawaïennes, l’ambiance Miami. Et le pire du bouquin, c’est quand on se demande si nous aussi on ne fait pas parfois un peu semblant dans la vie, comme Dexter…
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04.03.2009
Pur sang
Il fallait conjurer le sort après la daube de la dernière fois (cf note précédente), c’est chose faite avec un vrai nouveau roman de vampires, « The historian » d’Elizabeth Kostova. C’est Bram Stoker revisité à la sauce historique avec de longues dissertations sur les Balkans au XVe siècle, et ces longueurs détaillées à l’extrême qui font le sel d’un vrai roman gothique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, un exercice de style parfaitement réussi, avec des renvois, des extraits de lettres, des sauts dans le temps d’une génération à l’autre, des évènements racontés et découverts, tout une ambiance minutieusement recrée qui multiplie par trois ou quatre le nombre de pages qu’il aurait fallu pour contenir le scénario brut du roman. Dracula serait toujours vivant, d’éminents historiens sont les dépositaires de livres mystérieux contenant tous une gravure centrale avec un motif de dragon. L’un d’entre eux disparaît, et c’est parti pour une traque à travers l’Europe de l’Est des années 50 derrière le rideau de fer et pour une plongée dans le passé, à l’heure de Constantinople et de la guerre des peuples balkaniques contre l’envahisseur Ottoman. Il faut aimer le roman gothique je pense (j’avoue, tous ceux que j’ai lus m’on laissé cette impression de longueur extrême…) mais celui-ci offre en plus un panorama passionnant de l’histoire du moyen-âge en Europe de l’Est. S’il tombe entre vos mains, n’hésitez donc pas !
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11.10.2008
Le peintre de bataille - Arturo Pérez-Reverte
Un ancien photographe de guerre vit retiré dans une tour dans laquelle il peint une fresque, la fresque de toutes les batailles. Un homme dont le portrait a fait le tour du monde vient chercher explications et vengeance, car sa famille a été assassinée à cause de cette photo. S’ensuit un long face-à-face entre les deux hommes, au-delà de la réflexion sur le poids d’une seule photographie
La plus grande force du roman réside dans le fait qu'Arturo Pérez-Reverte a été lui-même grand reporter et correspondant de guerre pendant des années avant de se consacrer uniquement à l'écriture. A un style impeccable s'ajoute donc une impression terriblement forte de vécu, avec des détails et des scènes devant lesquels on se dit « ça il n'a pas pu l'inventer » . On se trouve du côté non de la victime ou du bourreau, mais derrière l'oeil du témoin avec ce prisme si particulier qu'est l'appareil photo. Fixer une image dans une situation dramatique, une attaque, une exécution, paramétrer son appareil devant un homme en train de mourir… On est confronté dans ce roman à la partie immergée de l’iceberg dont la pointe est la photo en papier glacé du magazine que l’on feuillettera négligemment. Comment se place le photoreporter ? Est-ce qu’il intervient s’il voit quelqu’un sur le point d’être mis à mort ? A quel prix rapporte-t-on des photos de pays en guerre ? Autant de pistes de réflexion explorées par ce roman, jusqu’à la dernière révélation où l’on réalise que toute l’histoire est à repenser de nouveau. Un livre indispensable dans notre monde surmédiatisé.
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11.09.2008
Journal d'un tueur sentimental
Grace à ce bouquin, je me suis pris un fou rire toute seule dans le bus hier.
Et tous les romans ou nouvelles que j'ai lus de lui jusqu'ici sont du même tonneau, « Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler », « Le vieux qui lisait des romans d'amour », « Le monde du bout du monde ». C'est court, condensé, plein d'humanité, et drôle. Bref, si la grisaille ambiante commence à atteindre votre moral, sautez sur Luis Sepùldeva!
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05.08.2008
Nécrologie
"Les descriptions de prisons en ont toujours souligné les horreurs. Pourtant, c'est-ce pas plus affreux encore quand il n'y a pas d'horreur? Quand l'horreur réside dans la méthodologie grise des années. Quand elle consiste à oublier que votre seule et unique vie sur terre a été brisée. Et que vous êtes prêt à pardonner cela à quelque porc immonde. (...)
Nadia avait écrit dans sa lettre "Quand tu reviendras". Et c'était ça toute l'horreur : il n'y aurait pas de retour. On ne pouvait pas revenir. Après quatorze ans passés au front et en prison, il ne resterait sans doute pas dans le corps une seule molécule du passé."
"Il y avait au monde un nombre incroyablement vaste de livres, de livres essentiels et importants et l'envie de les lire tous ne laisait jamais à Rubine le temps d'en écrire un lui-même. Même aujourd'hui Rubine était prêt à lire jusque bien après minuit sans penser à la journée de travail qui l'attendait pour demain."
Alexandre Soljenitsyne (1918 - 2008) - Le Premier Cercle (1958)
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26.07.2008
Bibliothèque
"Je m'apercevais qu'il n'est pas rare que les livres parlent de livres, autrement dit qu'ils parlent entre eux. A la lumière de cette réflexion, la bibliothèque m'apparut encore plus inquiétante. Elle était donc le lieu d'un long et séculaire murmure, d'un dialogue imperceptible entre parchemin et parchemin, une chose vivante, un réceptacle de puissances qu'un esprit humain ne pouvait dominer, trésor de secrets émanés de tant d'esprits, et survivants après la mort de ceux qui les avaient produits, ou s'en étaient fait les messagers."
Umberto Eco, Le Nom de la Rose, 1980
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14.07.2008
OOK!
La description de la bibliothèque dans « Le nom de la Rose », labyrinthe interdit à toute autre personne que le bibliothécaire et son aide, m'a fait enfin comprendre une nouvelle référence de l'excellentissime Terry Pratchett. En l'occurence, il s'agit de la bibliothèque de la Unseen University, dont le bliothécaire n'est autre qu'un orang-outan (accident de magie).
« The Library was the greatest assemblage of magical texts anywhere in the multiverse. Thousands of volumes of occult lore weighted its shelves. It was said that, since vast amounts of magic can seriously distort the mundane world, the Library did not obey the normal rules of space and time. It was said that it went on forever. It was said that you could wander for days among the distant shelves, that there were lost tribes of research students somewhere in there, that strange things lurked in forgotten alcoves and were preyed on by other things that were even stranger.*
Note en bas de page : *All this was untrue. The truth is that even big collections of ordinary books distort space, as can readily be proved by anyone who has been around a really old-fashioned second-hand bookshop, one of those that look as though they were designed by M. Escher on a bad day and had more staircases than storeys and those rows of shelves which end in little doors that are surely too small for a full-size human to enter. The relevant equation is: knowledge = power = energy = matter = mass; a good bookshop is just a genteel black hole that knows how to read. »
Terry Pratchett, Guards! Guards!, 198922:09 Publié dans Bons bouquins | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06.07.2008
I love Marguerite

Je me replonge avec délices dans « Les mémoires d'Hadrien », mon choc littéraire du lycée. Un vrai morceau d'absolu en vente libre pour moins de 10 euros, il y a tout dans cette oeuvre. Toute la vie d'un homme, d'un empereur romain, qui porte un regard aigu et lucide sur sa vie pour « entrer dans la mort les yeux ouverts ».
Après ça, à l'époque, j'ai lu tout ce que j'ai pu de Marguerite Yourcenar. Comme elle était d'une érudition peu commune, il y a beaucoup de choses que je n'ai pas comprises. Mais tout m'a touché. Une telle soif de vie, de savoir, de tout, jamais je n'ai retrouvé ça chez un autre écrivain. Si seulement j'étais née 20 ans plus tôt, je crois que j'aurais traversé l'Atlantique à la nage pour aller la rencontrer sur son île des Monts-Déserts, où elle est morte en 1987.
J'envisage avec bonheur une deuxième lecture de tout ce que j'ai d'elle... avec quelques années de plus je pense que je vais y découvrir encore plus de richesses.
22:05 Publié dans Bons bouquins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Kiffe kiffe demain
On a fait le plein à la librairie hier, dont « Kiffe kiffe demain » de Faïza Guène. Je l'avais déjà lu (et aimé) en bibliothèque, mais ayant lu récemment un article sur elle (The Guardian repris dans Courrier International) je me suis décidée à investir.
Dans cet interview pour un journal anglais, on sent la jeune auteur amère sur le paysage social français, et en particulier sur le traitement réservé aux banlieues. Le point qui m'a particulièrement interpellée est celui du manque de reconnaissance venant du monde littéraire. En effet d'après l'article les deux livres déjà parus de l'auteur (celui déjà cité et « Du rêve pour les oufs ») ont eu beaucoup de succès en France, sont traduits dans 27 pays, et pourtant dit-elle, les rares fois où elle croise d'autres écrivains français elle a l'impression d'être transparente. « Jamais, de toute ma vie, jamais je ne gagnerai un prix littéraire. Cela voudrait dire que j'écris de la littérature et qu'il y a des intellectuels dans les banlieues. »
Deuxième lecture donc de « Kiffe kiffe demain », d'une traite comme la première fois, et avec autant de plaisir que la première fois. Sauf que cette fois-ci j'ai essayé de saisir au cours de la lecture ce qui pouvait écarter ce bouquin du « littérairement correct ». Certes c'est un premier roman, d'un jeune auteur (écrit à 19 ans). Justement, c'est rafraîchissant. Certes le langage est « inhabituel », mais peut-être encore un peu châtié pour que le bouquin reste compréhensible par tous les lecteurs. Ce n'est qu'une question de vocabulaire employé, de tournures de phrases. La forme est inhabituelle, peu classique, le fond est réjouissant, comme les romans de Daniel Pennac. Bien sûr qu'il s'agit d'un roman « sur les banlieues », qui rentrent dans le même coup dans le paysage littéraire français alors qu'on est plus habitués à les voir aux infos (bon, je parle pour moi, campagnarde d'origine et habitant maintenant en centre-ville). Mais c'est un roman chaleureux, qu'on referme avec un grand sourire.
Il y a plein de très bons romans qui ne reçoivent pas de prix littéraire... Je n'ai pas de mal à imaginer que Faïza Guène se sente mise à l'écart par ses pairs, mais après tout c'est son succès auprès du public qui l'intègre dans le paysage littéraire français, pas la fréquentation d'autres auteurs. Mais j'imagine très bien que c'est justement cette reconnaissance par les pairs qui fait se sentir écrivain reconnu.
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20.06.2008
Rien ne vaut un bon polar
Je viens de terminer « Le fond de l'enfer », un polar de Ian Rankin (écossais pur jus).

Le décor : Edimbourg (prononcer « Edinbra » en roulant le r), grise et pluvieuse, moderne et si vieille, aux nombreux bars et aux contrastes sociaux marqués. Pour y avoir déjà mis les pied, on s'y croirait.
Le héros, puisqu'il y a un « inspecteur récurrent » : John Rebus, qui connaît très bien les bars cités plus hauts, surtout les mal famés.
L'ambiance : un régal. On croit voir les couleurs d'Edimbourg, beaucoup de gris... C'est suffisamment glauque par moment pour contenter les amateurs de romans noirs (comme moi), sans tomber dans le style gore.
Les intrigues sont soignées et réalistes, et l'accent est mis sur cette ambiance si particulière d'Edimbourg. Pas de meurtres sanglants ou spectaculaires, tout est dans l'ambiance et dans une certaine vision de la ville, en particulier les changements des quartiers.
Je suis sûre que ça doit être encore mieux en anglais mais je n'ai pas encore essayé. Il y en a tout une série, et j'ai l'été devant moi. Héhé ;-)
Deux photos d'Edimbourg pour se remettre dans l'ambiance... Modifié : mes photos argentiques étaient vraiment pas terribles, et j'ai découvert des numériques prises lors du même voyage!! En prime, un petit album à découvrir si Hautetfort veut bien me le mettre en ligne...


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