17.04.2009

Blagounette

Dans la continuité du post précédent. Une patiente de 80 ans, parfaitement autonome, qui vient pour déshydratation sur une diarrhée qui dure depuis deux mois. Non bilantée. En avait-t-elle parlé à son médecin traitant ? La patiente prend un air espiègle et me répond dans un petit éclat de rire : « Non, je lui ai menti ! ».

Elle lui a dit que tout allait bien pour éviter d’être « embêtée ».

Créatininémie à 400, tout de même.

Observance thérapeutique

En général, je fais confiance aux ordonnances. C’est écrit par le médecin traitant, c’est imprimé par la pharmacie, donc le patient le prend. Obligé. Ca ne me viendrait jamais à l’esprit de remettre ce beau schéma en cause.

Jusqu’à aujourd’hui.

Le nez sur l’ordonnance de ma patiente, je découvre de l’Allopurinol, sans notion de goutte dans les antécédents. Oh mais ça, de toute façon, je ne le prends pas, me dis la dame. Ah, tiens. Et puis d’ailleurs, elle ne l’a jamais pris. Elle prends quand même des boîtes à la pharmacie, de temps en temps elle dit qu’elle en a encore, ça évite de faire une boîte de plus à stocker. Et puis d’ailleurs, sur son ordonnance, il n’y a pas que l’Allopurinol qu’elle ignore superbement. Quant à son médecin traitant, il est persuadé qu’elle avale ses cachets, car bien sûr elle ne lui a jamais dit que ça faisait trop, qu’elle en avait marre de tous ces comprimés. Elle a peur qu’il la gronde, et de se fâcher avec lui. On est loin de la décision partagée… Alors j’en remets une petite couche, je lui explique qu’il vaut mieux qu’elle joue cartes sur table avec son médecin généraliste avec qui tout se passe très bien par ailleurs. D’autant plus que la patiente n’est pas si inobservante que ça, elle suit parfaitement son antihypertenseur et son antidiabétique oral, peut-être parce que ceux-là sont « vraiment » utiles ?

Souvenir d’un prof de fac qui nous disait que l’observance thérapeutique, c’est seulement sur 40% des traitements prescrits. Comme quoi ça sert d’être un peu pédagogue, d’expliquer pourquoi quand on envisage de prescrire quelque chose, et de s'assurer de l'adhésion du patient. Parce qu'après c'est lui qui a les clés en main.

16.04.2009

Toute fièvre au retour d’un pays tropical….

… est un palu jusqu’à preuve du contraire. Adage brillamment illustré par l’un de mes derniers patients, parti en Afrique sub-Saharienne sans chimioprophylaxie et revenu avec 40 de fièvre. Raison invoquée pour l’absence de chimioprophylaxie : « Ce n’était pas la saison des moustiques ». Ben, la preuve que si.

Mais passons. Ma râlerie du jour ne porte pas sur la méconnaissance générale des risques sanitaires en zone d’endémie palustre, mais sur une absurdité de notre système de protection sociale.

Mon patient faisait donc un bel accès à Plasmodium falciparum, confirmé par le frottis sanguin, sans critère de gravité et avec tous les critères pour une prise en charge ambulatoire. Nous décidons donc de le traiter à domicile par atovaquone-proguanil, traitement de première intention selon les recommandations de la SPILF (ici). C’est sûr, c’est plus cher que la quinine, mais c’est aussi beaucoup moins casse-gueule à utiliser. Le patient s’inquiétant du prix du traitement, je l’assure qu’il sera certainement remboursé. Je vérifie tout de même avec le pharmacien, et là, surprise ! La Malarone n’est remboursée que dans les DOM TOM. Il n’y a pas de paludisme en France métropolitaine, me dit le pharmacien en rigolant. C’est mon patient qui rigole moins quand je lui annonce qu’il va payer 45 euros pour une boîte de comprimés dont il n’utilisera que la moitié parce qu’en France, on ne prépare pas les doses uniquement suffisantes…

Pour info, les chimioprophylaxies antipalu pour les voyages personnels ne sont pas remboursées pas la Sécu, ni les vaccins d’ailleurs. La quinine est sur liste 1, remboursée à 65%. L’atovaquone – proguanil est sur liste 1, remboursé à 65% uniquement dans les DOM TOM (source = VIDAL).

05.04.2009

Le samedi c'est librairie

Et un peu bibliothèque aussi, où j’ai emprunté « Le Maître et Marguerite » de Boulgakov, parce qu’il faut bien s’instruire un peu dans ce monde de brutes.

Une ballade-librairies très fructueuse ce samedi, avec la découverte de deux librairies extras.

Tout d’abord Raconte-moi la Terre, spécialisée dans les voyages et la littérature étrangère. Continent par continent puis pays par pays, une sélection de beaux livres, de guides de voyage, et de littérature pour un panorama exhaustif sur l’endroit que l’on souhaite visiter ou découvrir à distance. Et en prime, un espace sur l’avenir de notre petite planète. Cette librairie a déménagé depuis peu et ce sont donc de nouveaux locaux très clairs et aérés, avec en prime un wifi-bar/restaurant sous une verrière, où personne ne vous râle dessus si vous prenez votre bouquin avec vous. De là, mon amoureux est ressorti avec un essai de Jared Diamond « Effondrement », moi avec « Le marché de la faim » (le bouquin du film « We feed the world »), et les deux avec des calories en plus car les gâteaux du bar sont très bons ;-)

Leur site web. Raconte-moi la Terre, 14 rue du Plat, 69002 Lyon

Après un peu de marche pour éliminer les calories sus-dites : L’électron-Livre, une petite librairie ouverte depuis 6 mois dans le Vieux Lyon. Une petite merveille, avec un jeune libraire passionné qui présente ses bouquins. Ca c’est archi-important, et c’est ce qui manque quasi-toujours dans les grosses librairies : un-e vraie-e libraire, qui soit capable de dire pourquoi il a choisi de sélectionner ce bouquin-là plutôt qu’un autre, et ce qu’il nous conseillerait comme lecture suivant nos goûts. Quant aux livres, un rayon littérature et poche avec une sélection très respectable, et surtout, ce qui est si rare dans les librairies actuelles, un rayon science extrêmement bien achalandé et surtout présenté de manière ludique, les essais de Feynman pas très loin des livres d’expériences marrantes pour les enfants. Le tout dans un rez-de-chaussée et cave voûtée, ça vaut le détour ! Je suis sortie avec deux bouquins pour enfants, « Le phasme » et « Le manchot » de la collection « Les sciences naturelles de Tatsu Nagata », et beaucoup plus pour adultes « La stratégie des antilopes » de Jean Hartzfeld.

Electron-Livre. 1 rue Saint-Jean, 69005 Lyon

Dexter

Dexter.jpg

Finis les deux premiers tomes, « Darkly dreaming Dexter » et « Dearly devoted Dexter ». Le troisième est en commande ;-) Et oui, avant d’être une le héros d’une série, Dexter est un personnage de roman ! Romans qui valent surtout pour la forme, très drôle mais vous seriez surpris de ce sur quoi l’auteur arrive à vous faire rire…

Dexter est un psychopathe heureux, qui exerce la profession honorable de spécialiste en projections de sang dans un laboratoire de médecine légale, et dont le hobby secret est le meurtre en série. Mais il ne tue que des salopards sérial killers, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu’au jour où quelqu’un d’autre commence à découper les gens comme lui. Quiconque ayant lu pas de mal de polars verra arriver le fin de mot de l’histoire avec un gyrophare depuis le premier tiers du roman mais ce n’est pas si grave, car comme je l’ai dit plus haut, le meilleur ici c’est la forme. L’humour complètement décalé, le héros hallucinant et son goût discutable pour les chemises hawaïennes, l’ambiance Miami. Et le pire du bouquin, c’est quand on se demande si nous aussi on ne fait pas parfois un peu semblant dans la vie, comme Dexter…

Toutes les notes