25.10.2008
Généraliste et hôpital...
Je crois très sincèrement qu'une bonne communication entre le généraliste et l'hôpital est nécessaire, pour le patient et ceux qui s'en occupent, et en temps que future généraliste pour l'instant FFI à l'hôpital je m'efforce de coller à ce principe.
Je n'hésite pas à appeler les généralistes de mes patients, ils les voient bien plus souvent que nous et avec un dossier bien tenu depuis plusieurs années ils ont souvent des données que nous n'avons pas.
J'essaie de rédiger des lettres de sortie correctes avec toutes les informations dedans.
Je soutiens bien souvent le généraliste face à son patient qui profite d'être à l'hôpital pour avoir ce que le généraliste lui refuse, la prise de sang en plus, le médicament en plus, etc...(et puis parfois je cède, ahem...)
J'essaie aussi de soutenir le généraliste quand des patients me sortent « il aurait du y voir plus tôt » et que franchement, moi j'aurais été à la place du gars tout seul dans son cabinet, j'y « aurais pas vu » non plus.
Mais il y a le revers de la médaille. En temps que future généraliste, je fais aussi la liste des choses que je ne ferai pas.
Je n'enverrai pas de patient en hospitalisation avec une lettre désertique et un « traitement actuel » aberrant et incompréhensible, j'essaierai de me rappeler du désarroi de l'interne qui reçoit le patient (non interrogeable, bien sûr...) avec la lettre désertique....
Du même tonneau, j'éviterai d'inventer un prétexte fumeux (fièvre non expliquée, altération de l'état général, et autres) quand le vrai motif d'hospitalisation sera « maintien à domicile impossible ». Non que ça ne justifie pas une hospitalisation, mais à chaque fois j'ai l'impression qu'on nous prend pour des c...
Je n'enverrai pas promener un patient suivi régulièrement à l'hôpital, que je vois donc un peu moins souvent, et qui aurait besoin de moi ponctuellement.
Moins de rapport mais tout de même, je ne ferai pas d'ordonnances de plus de 15 lignes de substances actives (déjà qu'on est sûr d'avoir des interactions au bout de 4....)
Faudra juste que je m'y tienne ;-)
15:31 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
J'ai beaucoup pensé à ton post ce soir.
J'ai envoyé ce matin en pneumo une jeune femme de 26 ans, enceinte de 30 SA, pour une décompensation grave de son asthme (une vraie, hein, pas de la gnognotte) malgré l'escalade thérapeutique que je lui propose depuis 15 jours.
Donc, ce matin, elle était quand même un peu bleue, dans mon cabinet. Négociation au téléphone pour trouver le pneumologue, une place en hospit de jour de pneumo sans passer par les 3h d'attente aux urgences, traitement d'attente au cabinet etc, etc...
Je la revois ce soir, elle respire mieux (heureusement), sans courrier, sans indication de ce qu'elle a eu aujourd'hui, sans conseil thérapeutique écrit, sans même une ordonnance.
Le Professeur (avec un grand pet), qui a lu ses résultats d'examens, a dicté devant elle une lettre (sans autre explication directe à la patiente) que je recevrai dans 15 jours inch'allah, en disant dans le couloir à l'infirmière de dire à la patiente d'aller voir son médecin pour qu'il lui fasse une ordonnance pour "de la cortisone".
Coup de téléphone pour avoir un peu plus de détail : hospit de jour fermée, of course !
Bon, ben je vais reprendre mon escalade thérapeutique tout seul, et si elle redevient bleue, et ben... heu... Je lui dirai d'attendre le facteur et la lettre du Professeur...
Grrrrrr
Ecrit par : Guillaume | 27.10.2008
Argh... En même temps comment attendre autre chose de quelqu'un (fût-il Professeur) incapable de parler en face à un patient... Bon courage en attendant...
Ecrit par : Hérisson | 31.10.2008
hmmm, le motif "maintien à domicile impossible" ne peut être utilisé : en pratique, ça ne marche pas -)))
ce faute de lit d'aval pour nos vieux dépendants
ce qui bloque les lits d'amont (= hospitaliers)
qui occupent donc à 750 euros par jour des lits pas faits pour eux, alors qu'ils seraient mieux pris en charge en établissements spécialisés à 150 euros par jour
5 à 10 milliards nécessaire pour la dépendance, selon les sources
2 points de PIB à récupérer, 38 milliards, sur la santé, par rapport à nos joyeux Danois
cherchez l'erreur
Ecrit par : le toubib | 03.11.2008
Toubib, une fois de plus je suis d'accord avec vous! Mais malheureusement j'ai constaté que beaucoup de généralistes n'utilisent pas ce motif par facilité mais parce que seuls ils n'arrivent pas à obtenir la place de long séjour ou de centre adapté que l'hôpital obtiendra beaucoup plus facilement. Ce qui est dommage puisqu'effectivement l'hôpital "standard" n'est pas un lieu approprié pour les personnes âgées dépendantes (pas assez de personnel, pas assez de formation, etc...).
Ecrit par : Hérisson | 04.11.2008
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