11.10.2008

Le peintre de bataille - Arturo Pérez-Reverte

peintre de vatailles.jpgUn ancien photographe de guerre vit retiré dans une tour dans laquelle il peint une fresque, la fresque de toutes les batailles. Un homme dont le portrait a fait le tour du monde vient chercher explications et vengeance, car sa famille a été assassinée à cause de cette photo. S’ensuit un long face-à-face entre les deux hommes, au-delà de la réflexion sur le poids d’une seule photographie

La plus grande force du roman réside dans le fait qu'Arturo Pérez-Reverte a été lui-même grand reporter et correspondant de guerre pendant des années avant de se consacrer uniquement à l'écriture. A un style impeccable s'ajoute donc une impression terriblement forte de vécu, avec des détails et des scènes devant lesquels on se dit « ça il n'a pas pu l'inventer » . On se trouve du côté non de la victime ou du bourreau, mais derrière l'oeil du témoin avec ce prisme si particulier qu'est l'appareil photo. Fixer une image dans une situation dramatique, une attaque, une exécution, paramétrer son appareil devant un homme en train de mourir… On est confronté dans ce roman à la partie immergée de l’iceberg dont la pointe est la photo en papier glacé du magazine que l’on feuillettera négligemment. Comment se place le photoreporter ? Est-ce qu’il intervient s’il voit quelqu’un sur le point d’être mis à mort ? A quel prix rapporte-t-on des photos de pays en guerre ? Autant de pistes de réflexion explorées par ce roman, jusqu’à la dernière révélation où l’on réalise que toute l’histoire est à repenser de nouveau. Un livre indispensable dans notre monde surmédiatisé.

 

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