29.09.2008
Les externes
L’une des nouveautés de mon boulot de FFI, c'est que ça y est, « j'ai des externes ». Ca fait bizarre, parce que jusqu'à tout récemment c'était moi, l'externe. Maintenant ce sont Eux.
Le début a été dur. Au moment où, agrippé à votre Vidal, vous réalisez que l'enseignement théorique de la fac (et même ce que vous avez grappillé en stage) ne vous a préparé que de loin à ce qui vous attendait EN VRAI, vous souhaiteriez que ce début peu glorieux de votre carrière n'ai aucun témoin. Et là, vous avez deux paires d'yeux plus ou moins innocents qui vous regardent. Et vous jaugent, vous en êtes sûr. Et ces externes vous posent des questions, les pauvres, sur la physiopathologie de la maladie de Machinchose alors que vous avez la tête pleine d'interrogations existentielles genre « C'est quoi déjà la posologie du Spasfon®??? ». Dur, donc.
Deux mois ont passé, je suis un petit peu plus zen, et donc beaucoup plus disposée à m'occuper d'eux. Et puis on se fait très vite à ces petites mains qui vous font les ECG, envoient les fax, rangent les papiers ;-) Mais c’est payé en retour par tout ce que je peux leur transmettre, c’est-à-dire pas grand-chose pour l’instant; ils continuent à poser des questions, je prends ça comme un bon signe.
Et c'est bête, dans trois jours ils s'en vont!07:23 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.09.2008
Petites victoires
Hier, deux petites victoires.
Cette patiente, qui jusqu'ici niait fermement toute consommation alcoolique. Avec un peu de tact et de démonstration logique, elle a commencé à me parler de whisky anxiolytique, qui d'ailleurs selon elle aggrave plutôt son anxiété. Le premier pas est fait, on continuera de creuser petit à petit.
Ce patient, dont mon diagnostic clinique de fracture-tassement de L5 a été confirmé à l'imagerie. Rien de très extraordinaire, mais ça fait quand même plaisir de ne pas se tromper.
07:15 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.09.2008
Week-end parisien
Journées du patrimoine 2008

Assemblée Nationale – L'Hémicycle

Le Sacré-Coeur vu de l'héliport de l'hôpital de La Riboisière
07:39 Publié dans Chroniques du jardin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Amphi de garnison
Tadaaaah! Et bien ça y est, je fais donc partie de la promotion 2008 des internes de médecine générale. J'ai eu de la chance, ce que je voulais et dans la ville où je voulais.
D'autres ne l'avaient visiblement pas, cette chance. Comme il se trouve que j'étais classée dans une « tranche » fatidique (ni très bien ni trop mal), mon amphi de garnison était plein de gens fébriles, l'oeil rivé sur le tableau des postes, avec plein de questions angoissées du type « T'as pris chirurgie à Tours? Tu sais si des gens avant toi ont choisi spé med à Brest? ». J'avoue que j'étais égoïstement ravie de ne pas avoir à subir ce genre de stress. Parce qu'au bout de six ans d'études avec ce concours, ne pas pouvoir faire ce que l'on veut, c'est dur, quand même...
07:34 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.09.2008
L'heure du Choix
Après la salle de concours, après le jour des résultats, voici venu le temps de l'amphi de garnison. Je vais donc, comme tous mes petits camarades provinciaux, « monter sur Paris » pour aller annoncer bien fort « Médecine générale » et puis passer un bon week-end dans la capitale.
Ca va faire un peu drôle quand même, l'engagement pris devant une grande salle après ces six ans de fac et ce p***n de concours, une nouvelle page qui se tourne, quoi! (et là, petite larme de circonstance) Et puis très vite il y aura les inscriptions, les journées d'accueil, et mon premier poste d'interne en médecine générale. Heureusement que j'ai mon boulot de FFI, le virage est amorcé en douceur!
Et une fois cet instant d'intense émotion passé, c'est pas tout ça mais j'aurai des librairies à faire et les journées du Patrimoine après, sans parler des copines, alors en avance bon week-end à vous!
20:51 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Et sous la blouse...?
A mes heures perdues, je lis Glamour. Et dans le dernier numéro je suis tombée sur une petite rubrique « j'adapte mon style à mon boulot ».
Une demoiselle "Priscille, 24 ans, interne" nous explique : "Travailler à l'hôpital impose la discrétion. Ca n'empêche pas d'être coquette : j'aime les bijoux, je me maquille et je préfère les robes et les ballerines ou les jupes avec des bottes. Mais tout dépend des services : je ne pourrais pas me pemettre le même look en chirurgie, certains patients pourraient être perturbés".
La dernière phrase m'a fait rigoler.
Parce que à part les sections de plaques de Lapeyronie, je vois pas quels patients ça peut « perturber » :-)
Les chir, par contre... certainement quelques blagues de c*l! Quant au boulot, je me rappelle mon chef de chir digestive, qui avait accueilli notre fournée d'externes en avertissant que les filles c'était « cheveux attachés, pas de bijous et les ongles courts sans vernis ». Non mais.
20:49 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2008
Journal d'un tueur sentimental
Grace à ce bouquin, je me suis pris un fou rire toute seule dans le bus hier.
Et tous les romans ou nouvelles que j'ai lus de lui jusqu'ici sont du même tonneau, « Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler », « Le vieux qui lisait des romans d'amour », « Le monde du bout du monde ». C'est court, condensé, plein d'humanité, et drôle. Bref, si la grisaille ambiante commence à atteindre votre moral, sautez sur Luis Sepùldeva!
07:26 Publié dans Bons bouquins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.09.2008
Imposture
Hier, un premier patient sur le point de partir m'a remercié de ma gentillesse en me disant que les docteurs comme moi c'était bien. Et puis dans la journée un autre patient et sa famille, qui me remerciaient à nouveau pour ma gentillesse et « tout ce que je fais ». Je proteste à chaque fois que je ne suis pas encore docteur, que le gros de la réflexion et du boulot ce sont mes chefs qui les font, et que le reste c'est quand même bien normal. Bien sûr, ça me fait plaisir, c'est bon pour mon ego et ça prouve que les patients sont contents de me voir et que je ne suis pas une harpie avec eux.
Et pourtant... j'ai presque envie d'avouer devant eux que je suis nulle très souvent. Que je me sens démunie devant les prescriptions les plus simples parce que de la théorie à la pratique il y a un monde et il ne s'est écoulé que trois mois en ce qui me concerne. Que je fais des oublis, que des réflexes me manquent. Que j'ai une trouille bleue de faire une grosse connerie. Que c'est bien d'être gentil et empathique mais que ça ne soigne pas la décompensation oedémato-ascitique ni les hyponatrémies. Et que du coup j'ai parfois l'impression d'être une imposture.
Alors je me dis que tous ces remerciements ça doit me faire me remettre au boulot pour tâcher d'en être un peu digne...
06:57 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.09.2008
Visa pour l'image
Et le Visa d'Or News 2008 du Festival mondial de photojournalisme « Visa pour l'Image » de Perpignan a été décerné ce week-end à Philip Blenkinsop (agence Noor), pour son travail sur le séisme de mai 2008 en Chine.

Photographe Australien, il réside depuis presque 20 ans à Bangkok, d'où il couvre toute l'Asie du Sud-Est. Cambodge, Laos, Thaïlande, Birmanie, il est un peu partout, rapportant des images chocs et pourtant différentes du regard consensuel. Vous avez peut-être vu ses photos passer. Rappelez-vous. Hiver 2004-2005, monstrueux tsunami en Asie du Sud-Est. Philip Blenkinsop livre un reportage saisissant sur l'après-tsunami, une fois la fureur des éléments retombée et les media repartis dans leurs pays respectifs... Reportage pour lequel il obtint d'ailleurs déjà le Visa d'Or News 2005.

© Philip Blenkinsop (agence Vu)
Lui aussi les photos du reportage sur les Hmongs réfugiés dans la jungle laotienne, dans une errance sans fin. Le reportage avait été publié en 2003 dans Time. Pour les photos, suivre le lien ci-dessous.
Un très grand reporter donc, dans le choix des sujets, la qualité des photos, le travail effectué. Tout le sens du photojournalisme. Car hormis le "poids des mots" il y a aussi celui des photos , des images que l'on voit dans le monde entier aujourd'hui. Un travail de qualité hors des sentiers battus fait alors toute la différence.
Le site officiel du festival Visa pour l'Image
Le site de l'agence Noor avec quelques photos du séisme en Chine (2008)
Le site de Time avec le reportage sur les Hmongs au Laos, les photos et l'article pour comprendre
07:00 Publié dans Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.09.2008
Next generation
Dans l’ambiance rentrée scolaire, je profite de mes quelques heures de libre pour aller coacher ma petite voisine qui, malgré mes mises en garde répétées, s’est inscrite en P1… C’est pas faute d’avoir essayé de l’en dégoûter, avec des descriptions apocalyptiques de l’année qui l’attend, et puis le nombre de fois où elle est venue sonner chez moi « mais tu es encooore en train de travailler ? » (bah oui…). Mais je n’ai pas du assez noircir le tableau puisque ça y est, elle commence dans une semaine.
Alors nous avons fait un tour à la fac pour repérer les endroits vitaux (la cafétéria U, le secrétariat, et les toilettes), et les endroits sacrés (l’amphi, la BU, le panneau d’affichage, les salles de TP). Et puis j’ai commencé à lui dérouler le programme des réjouissances, matière par matière, le rythme des cours, apprendre par-cœur, les lubies des profs, ceux dont il faut suivre le poly, les épreuves en QCM 5/0 (là, elle a blêmi), apprendre par-cœur, l’anatomie, la physio, la biocell, la biomol, apprendre par-cœur, les soirs de colle, garder une hygiène de vie, penser à dormir, et surtout, apprendre par-cœur. Elle a du en faire des cauchemars cette nuit…
Mais c’est mignon, à l’heure où je passe de la fac à l’hôpital pour de bon, de voir quelqu’un qui commence tout ça ! Elle est comme beaucoup de P1, anxieuse mais avec cette petite pointe d’émerveillement de rentrer « en médecine ». J’essaie de la mettre en garde contre l’émerveillement, il y a un tel risque de déception après…
En tout cas, une chose est sûre, c’est qu’elle n’a pas fini de venir sonner chez moi cette année !
06:58 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

