27.06.2008
Orientation
Au départ, je me suis inscrite en médecine pour faire de l'infectieux. Mais attention hein, infectieux tendance romanesque puisque je me voyais très bien dans la forêt tropicale traquant le virus Ebola, ou appliquant mes connaissances en médecine tropicale pour bosser dans l'humanitaire aux quatre coins du monde. Je me disais que les bactéries et autres virus étaient les maladies suprêmes, celles où le médecin se bat contre quelque chose de vraiment extérieur au corps humain. Même en revoyant mes grandes envolées à la baisse, cette idée-là m'a quand même tenu jusqu'en D2, j'ai choisi tous mes modules optionnels dans cette branche, fait un stage à l'étranger en médecine tropicale... Et puis non finalement. Je ne sais pas trop ce qui m'a fait abandonner cette idée, puisque l'abandon s'est fait progressivement et sans regret. Peut-être le manque d'envie pour se lancer dans une carrière hopitalière médecine interne puis surspécialisation en infectieux. Peut-être mes difficultés devant ce p.... de cours sur les antibiotiques. Mais en tout cas ça ne me tente plus.
Après j'ai eu de petites périodes médecine générale, médecine légale, gériatrie (eh oui, j'y ai fait un stage génial, loin des idées reçues), rien de très précis. J'ai aimé et me suis impliquée dans tous mes stages, sans déclic particulier.
Et puis il y a eu la période psychiatrie. Je ne connaissais rien à cette spécialité, on a eu les cours par deux CCA très motivés, et là, l'illumination. C'était très clinique, j'avais l'impression de trouver ça limpide, la souffrance psychique me parlait, bref, le coup de foudre. Ca a duré presque 1 an. J'ai laissé tomber l'idée de la psychiatrie aussi, sans regret, quand je me suis rendue compte que je ne pourrais pas me passer du somatique. Je suis quand même contente d'avoir découvert une spécialité riche bien que mal connue à mon avis, et décriée (comme je l'ai découvert au cours de mes stages) même par certains médecins.
La maturation de la D4 s'est faite tout doucement, et l'orientation finale sera je crois médecine générale. Au fond, je n'arrive pas à me décider, toutes les spécialités me plaisent mais je ne voudrais pas me cantonner à l'une d'entre elles. Je veux garder une vraie diversité de pratique, toutes les classes d'âge, tous les organes, le somatique et le psychique. Et pourquoi pas au fin fond de la campagne, moi qui n'ai jamais vraiment accroché à la grande ville.
Il y a ce projet de DU d'alcoologie que j'espère mener à bien, et qui peut s'intégrer dans une maquette de médecine générale.Et puis je n'ai jamais totalement abandonné l'idée de sauver le monde dans l'humanitaire, sauf que j'essaierai de le faire localement. Des gens en grande détresse, il y en a partout, y compris à côté de chez nous.
10:52 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26.06.2008
Histoire d'OH
Au cours des prises d'observations, il y a les fameuses questions sur les habitudes « toxiques » des patients.
Le tabagisme est en général admis, parfois avec un peu de gêne vu le climat anti-fumeur, parfois avec une revue à la baisse de la consommation réelle, mais toujours assumé.
Il n'en va pas de même pour la consommation d'alcool...
Question rituelle, la forme étant à adapter selon le patient : « buvez-vous de l'alcool? »
Et sa variante : buvez-vous un peu d'alcool? (amène plus facilement un « oui »)
Et les réponses....
Non. - silence - Enfin ça dépend ce que vous voulez dire par boire de l'alcool. Parce que moi je bois que du vin, mais c'est pas de l'alcool, attention, hein, je ne bois jamais de vodka, de pastis, de rhum, ça c'est vraiment mauvais. (Certes. Cela dit, au-delà d'un litre par jour je ne parie pas non plus sur le rouge). Et puis pourquoi vous me posez cette question d'abord?
Non. - silence - Enfin peut-être une bière de temps en temps. - silence - Un peu d'apéritifs aussi. - silence - Un peu de vin, mais c'est pas de l'alcool, le vin, non?
Non, j'ai arrêté.
Oui, quand il y a des amis à la maison.
Oui, et je crois que un petit peu trop même.
Ah ben oui alors, du vin à table et un apéro le soir, faut bien vivre hein!
Difficile de parler de sa consommation alcoolique quand on sait pertinemment qu'elle est trop élevée et qu'on aurait du mal à se passer du premier verre... Difficile également d'interroger un patient sur ce sujet sans que cela ne prenne une tournure moralisatrice, même si ce n'est pas voulu.
Ceux qui me font de la peine, ce sont les patients d'hépato-gastro dont on doit suivre la consommation alcoolique, qui vous jurent leurs grands dieux que non ils n'ont pas bu, et dont l'alcoolémie est positive. J'ai toujours l'impression qu'ils essayent vainement de cacher ce secret un peu honteux mais que nous le mettons toujours à jour, quels que soient leurs efforts...
12:09 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.06.2008
I did it!!
Je situe un peu le contexte...
Ca fait 7 ans que je n'ai pas fait de sport.
Un an que je suis assise au moins la moitié de la journée.
Je frôle la sarcopénie post-ENC (l'ostéopénie aussi, d'ailleurs).
J'ai pris du poids.
La dernière fois que j'ai fait cette ballade (il y a 3 ans), j'ai fait une attaque de panique en haut, la vraie comme dans les bouquins, avec sensation de mort imminente et tout et tout.
Et pourtant.
C'est moi qui ai pris ces photos!!
Méritées quand même, après une grimpette de 3 heures sous le soleil, 500m de dénivelé, dans la caillasse, et je vous dis pas les courbatures aujourd'hui. Mais quand je repense à cette sensation là-haut, le silence, les Alpes comme un cadeau...


17:09 Publié dans Chroniques du jardin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.06.2008
Rien ne vaut un bon polar
Je viens de terminer « Le fond de l'enfer », un polar de Ian Rankin (écossais pur jus).

Le décor : Edimbourg (prononcer « Edinbra » en roulant le r), grise et pluvieuse, moderne et si vieille, aux nombreux bars et aux contrastes sociaux marqués. Pour y avoir déjà mis les pied, on s'y croirait.
Le héros, puisqu'il y a un « inspecteur récurrent » : John Rebus, qui connaît très bien les bars cités plus hauts, surtout les mal famés.
L'ambiance : un régal. On croit voir les couleurs d'Edimbourg, beaucoup de gris... C'est suffisamment glauque par moment pour contenter les amateurs de romans noirs (comme moi), sans tomber dans le style gore.
Les intrigues sont soignées et réalistes, et l'accent est mis sur cette ambiance si particulière d'Edimbourg. Pas de meurtres sanglants ou spectaculaires, tout est dans l'ambiance et dans une certaine vision de la ville, en particulier les changements des quartiers.
Je suis sûre que ça doit être encore mieux en anglais mais je n'ai pas encore essayé. Il y en a tout une série, et j'ai l'été devant moi. Héhé ;-)
Deux photos d'Edimbourg pour se remettre dans l'ambiance... Modifié : mes photos argentiques étaient vraiment pas terribles, et j'ai découvert des numériques prises lors du même voyage!! En prime, un petit album à découvrir si Hautetfort veut bien me le mettre en ligne...


12:13 Publié dans Bons bouquins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.06.2008
Pureté....?

11:40 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.06.2008
Les citronniers
Ce qu'il y a de bien après l'ENC, c'est que quand un film vous tente au cinéma, au lieu de dire «ben non faut que je bosse » ou « après l'internat », vous vous dites « mmm quel soir suis-je libre cette semaine? » (eh oui... parce que toutes les sorties ont augmenté de manière exponentielle!).
J'ai donc pu aller voir « Les citronniers » (film franco-germano-israélien de Eran Ricklis)

L'histoire se déroule juste sur la frontière israélo-palestinienne. Salma, une veuve palestinienne, vit seule dans sa maison et entretient un magnifique verger de citronniers légué par son père. Et puis vient s'installer du côté israélien de la frontière un nouveau voisin, le ministre de la défense israélien, à grand renfort de gardes du corps et de barbelés. Pour des raisons de sécurité, celui-ci va demander l'arrachage des citronniers, car des terroristes pourraient s'y cacher pour lancer un attentat contre sa maison. Salma va refuser l'indemnisation proposée pour ses arbres et avec l'aide d'un avocat va porter cette affaire devant la Cour Suprême de l'état d'Israël.
Le film traite du conflit israélo-palestinien d'une façon très humaine en centrant l'intrigue sur quelques personnages, autour des citronniers du verger de Salma. Les situations sont plus absurdes les unes que les autres, et sans en avoir l'air le film aborde par petites touches bien des sujets, de manière très pudique, au-delà de la situation de la région. Notamment les rapports homme-femme, d'un côté comme de l'autre de la frontière, et la solitude. Pas de sensationnel, juste une réflexion autour d'une situation donnée. La fin est grandiose, à la fois dramatique et porteuse d'espoir...
Un vrai petit bijou de film donc, comme on aimerait en voir plus souvent! Il n'y a pas que moi qui ait aimé : Prix du public au Festival de Berlin 2008.
07:13 Publié dans Des films à voir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.06.2008
Week-end à la campagne
Je reviens de deux jours chez ma grand-mère, un vrai bain de jouvence post-ENC. Pour une fois j'ai pu profiter un peu d'elle, je ne suis pas venue avec dix kilos de classeurs, j'étais vraiment là.
Hier, je me suis lâchée sur la tondeuse à gazon, entre deux averses. C'est un peu bête de tondre alors qu'il pleut, mais je m'en fous, moi je voulais être dehors et me dépenser physiquement. Quasi une renaissance après un an de fesses-vissées-sur-ma-chaise-de-bureau tous les jours! L'odeur de l'herbe coupée, grasse, gorgée de pluie, le chant des oiseaux, les premières cerises, les premières framboises, tout prend une intensité ennivrante tellement ça m'a manqué.
Aujourd'hui, journée vraiment pluvieuse et donc passée à l'intérieur, avec visite du grenier de la maison familiale. J'ai toujours voulu faire ça, la visite du grenier quand il pleut, avec combat contre les araignées, dépoussiérage des boîtes et cartons, chasse au trésor... et bien ça y est, je peux!!! haha!!!! Comme de bien entendu, je suis retombée sur des traces de moi il y a longtemps, des choses que je pensais avoir jetées, et qui attendaient dans le grenier que je les retrouve.
Je vais pouvoir me remettre à bien des choses... C'est bon d'être libre!
01:10 Publié dans Chroniques du jardin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.06.2008
Essais en tous genres
J'ai un chef à l'hôpital qui nous conseille de tester quand on le peut ce que l'on fait avaler au patient. Bien sûr, pas les principes actifs, pas les médicaments, le but n'est pas d'empoisonner les externes. C'est vrai, qui rangerait les papiers après?
Comme je suis très pour ce genre de réflexion (que fais-je à mon patient?) je teste donc ce que je peux. J'ai donc déjà essayé l'eau gélifiée, les compléments alimentaires hyperprotéinés, le soluté de réhydratation orale, la nourriture de l'hôpital (eh oui... plusieurs fois des patients m'ont demandé "mais vous mangez ça vous aussi??"). Dans le chapitre gestes, j'ai déjà testé les gaz du sang et les prises de sang où j'ai servi de cobaye à mes co-externes. Et bien sûr de l'autre côté de la barrière, j'ai déjà testé les heures d'attentes aux urgences (j'aime pas dire que je suis en médecine), les soins qui font mal et certains soignants pas très gentils.
Bien sûr, c'est minimal, et je ne serai jamais dans la peau du patient malade pour qui la vue du moindre aliment est écoeurant alors les bouteilles de complément nutritionnel, n'en parlons pas.. Mais au moins je me dis que peut-être j'ai l'air un peu plus convaincante quand je dis à un patient "ah oui je sais c'est pas terrible, c'est pas agréable". Et ça rappelle aussi qu'un jour où l'autre on est tous patients.
Ca me fait penser à un très bon film que j'ai vu bien avant de même envisager la médecine comme profession, "Le docteur" (avec William Hurt). Le film se termine sur les étudiants du service commençant leur stage par une journée "dans la peau du patient" avec port obligatoire de la blouse super sexy ouverte dans le dos et dont les pressions ne descendent jamais plus bas que le milieu du dos. C'est international ce truc.
12:02 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.06.2008
Hérisson n°1
Il faut bien une première note, alors voilà.
C'est fait.
23:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note